Douce France ...

Vive la France! Et vive les Français! Pour faire les choses comme il se doit, nous nous dirigeons, Nicolas et moi, vers Le Tartuffe, Fleuron de la gastronomie de la région, son chef propriétaire, Gérard Fischer, s'est exilé ici pour notre grand plaisir et n'a de cesse, depuis lors, de nous enchanter.

Cette charmante maison de briques, à deux pas du Musée des civilisations, offre une atmosphère on ne peut plus indiquée pour un tête-à-tête romantique. Salles aux couleurs douces, éclairage juste assez tamisé, sentiment d'intimité malgré l'espace restreint. L'accueil y est toujours chaleureux et le service impeccable et sans prétention.

Nous bâtissons notre table d'hôte sur les recommandations de notre charmant serveur. D'abord les potages: mon grand blond opte pour la chaleur d'un potage de légumes onctueux, alors que moi, réchauffée par son simple regard, je me rafraîchis les idées avec une Vichyssoise irréprochable. Bonne entrée en matière; accompagnée de petits pains chauds délicieux. Suivent une salade de pétoncles cuits à la vapeur de coriandre et de carpaccio d'agneau. La première satisfait tout à fait mon homme: fines tranches de pétoncles sur lesquels sont montés de petits légumes croquants en julienne. Les saveurs me semblent un peu discrètes, mais peut-être est-ce la puissance de mon carpaccio qui m'étourdit les papilles. Car mon assiette, c'est la fête! Marinées au poivre, au citron et à l'huile de truffe blanche, les minces tranches d'agneau fondent dans une explosion de parfums presque sauvages.

Sur cette bonne lancée, nous poursuivons avec un magret de canard de barbarie et un filet de boeuf. Le canard rôti, nappé d'une sauce au poivre et cognac, résiste légèrement sous la dent, malgré une cuisson parfaite. Sans dire qu'il est déçu, mon compagnon reluque tout de même mon filet de boeuf de l'Alberta, bien grillé, mais au coeur tendre et fondeant. Accompagné de champignons shitakes et d'une sauce bordelaise, c'est un classique réussi avec une pointe d'exotisme. Ces deux plats sont accompagnés de légumes délicats - triangle de gratin dauphinois, courge spaghetti, ratatouille ensoleillée. Le tout parfaitement escorté d'un Château Montaiguillon, St-Élimion, recommandation fort juste de la maison.

Tous nos sens sont en éveil et nous voulons faire durer le plaisir. C'est donc sans se faire prier que nous attaquons le dessert. Il atteint l'extase avec son gâteau mousse bien chocolaté, alors que je plonge sans réserve dans la luxure avec une tarte pacanes et chocolat. Cette dernière, parfait équilibre de textures et de saveurs me réjouit, moi qui suis ordinaire peu sucrée.

Un repas pour deux vous soutirera un 75 $ bien investi, avant vin, taxes et pourboire. Pour le bonheur d'une cuisine imaginative, mais dans les règles de l'art.

Gérard Fischer, Chef propriétaire,
Restaurant Le Tartuffe
133, rue Notre-Dame-de-l'ïle, Gatineau (Hull) Québec J8X 3T2 CANADA Tél : (819) 776-6424
www.letartuffe.com
Mise à jour 30/06/2004